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« Celui qui a quelque chose en moins a quelque chose en plus »
« Je suis une femme de 52 ans, mariée, et maman de 2 enfants (24 et 26 ans)
J’ai perdu la vue durant mon adolescence. Me voilà alors contrainte d’apprendre des outils tels que le braille, la locomotion* pour mes déplacements et la dactylographie pour écrire les documents lisibles par les voyants. J’ai très vite compris qu’il serait nécessaire de faire des études pour ma future insertion professionnelle. J’ai donc obtenu un doctorat en économie à l’Université de Lyon, et ai reçu en 1993 le prix des Jeunes Chercheurs.
J’ai eu la chance d’avoir un directeur de thèse “non discriminant” qui m’a permis d’être salariée en tant qu’allocataire de recherche dans un laboratoire d’économie des changements technologiques durant 3 ans. Je me suis ensuite « autocensurée » en ne passant pas le concours du CNRS pensant y échouer.
J’ai, par la suite, accepté un poste d’encadrement très mal rémunéré dans une petite structure. Toutefois, j’ai fait la démonstration de ma capacité à diriger avec un développement de 3 à 22 salariés en 7 ans. J’étais très fière du travail accompli.
J’ai changé de poste en 1999 en acceptant « une rétrogradation » en tant qu’adjointe de direction. Il s’agissait pour moi d’un tremplin pour évoluer dans ma carrière puisque je suis aujourd’hui directrice de 130 salariés. Je gère un chiffre d’affaires d’environ 9 millions d’euros, et j’exerce mon activité professionnelle en tant que manager comme tous mes collègues.
En tant que femme en situation de handicap nous devons faire face à une “double peine”, surtout lorsque l’on a un poste à responsabilités. Néanmoins, il me semble que la force que j’ai dû développer en tant que personne handicapée m’a aidé à surmonter la dimension féminine parfois difficile à faire respecter dans un milieu dirigeant majoritairement masculin.
Ma devise est : « Celui qui a quelque chose en moins a quelque chose en plus ». La personne en situation de handicap doit expliquer elle-même ses moyens de compensation et la façon dont l’environnement doit se positionner pour faciliter la collaboration.
Ce dont je souffre le plus est parfois le manque de reconnaissance sociale malgré tous les efforts engagés pour vivre “avec et comme les autres” sans être aux crochets de la société, mais au contraire en gagnant ma vie et contribuant à l’impôt comme tout citoyen. Mais je suis optimiste car les choses bougent beaucoup en ce moment tant pour les femmes que pour les personnes en situation de handicap.
Je défends cette cause en adhérant à LADAPT pour un "mieux vivre ensemble égaux et différents". »
*La locomotion
https://www.aildv.fr/la-locomotion/
Nathalie Paris
Directrice LADAPT Rhône-Métropole de Lyon
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